Chasse au lièvre : 6 conseils pratiques pour toucher plus

Lièvre qui fuit le chasseurChaque année, le lièvre est un des gibiers les plus chassés de France. La chasse aux lièvres est pratiquée sur la quasi-totalité du territoire, en battue, devant soi, ou au chien courant.

Voici la situation que je connais le mieux, enfant, dans les grandes plaines du Pas-de-Calais.

C’est le matin. Les cultures ? Des céréales, des pommes de terre, de la luzerne, ou des betteraves. Les premières journées de chasse de l’année sont souvent ensoleillées, mais là, l’air est encore frais. Les chiens sont nerveux, ils attendent ce moment depuis longtemps.

Comme vous.

La battue se met en marche. Avec un peu de chance vous aurez du perdreau, peut-être même un faisan. Et je suis quasiment certain que vous croiserez quelques lièvres.

Autre situation.

Vous êtes en Bretagne, ou dans le Midi. Les surfaces sont plus petites, cela rappelle le bocage. Pas de grande battue, ni de chasse au rond comme dans les immenses champs de Beauce. Une chasse d’experts, de connaisseurs. Les chiens vont débusquer les lièvres. Et les chasseurs vont se placer dans des endroits stratégiques, pour les tirer.

J’ai voulu vous donner aujourd’hui des conseils pratiques, pour vous aider à mieux chasser le lièvre. Nous allons évidemment voir les types de chasse, mais aussi des techniques de tir,  les chiens les mieux adaptés, et des astuces concrètes.

On y va ?

1)     Quel calibre et quel fusil pour tirer le lièvre ?

Pour la chasse en battue

Je conseillerai évidemment un calibre 12, parfaitement adapté au tir longue portée. Pour le lièvre, il me semble beaucoup plus indiqué que le calibre 20. Pourquoi ?

Le lièvre peut se tirer à forte distance, plus de 35 m, et c’est un animal très résistant. Il peut prendre du plomb et continuer sa course.

C’est pour cette raison que la puissance de feu et les qualités balistiques du 12 me semblent bien adaptées.

Si vous avez le choix, munissez-vous d’un fusil superposé.

Pourquoi ? Il y a de grandes chances pour que le lièvre levé en battue parte tout droit. Il est donc intéressant de bénéficier de chokes adaptés. Ouvert sur le premier coup, et resserré sur le second.

Mais attention. Pour tirer un lièvre à 35 – 40 mètres, un choke 3/4 suffit. Vous n’avez pas besoin de mettre un choke full qui va vous handicaper à 30 mètres, avec sa gerbe étroite.

Un canon de 70 cm offrira des performances largement suffisantes pour les grandes plaines, sans être trop lourd à porter.

Si le poids de votre fusil est un paramètre important, et que vous ne voulez pas vous fatiguer, un semi-auto avec un choke 1/2, canon 70 cm également, sera un choix également judicieux.

Pour la chasse au chien courant

Dans ces types de chasse, les chiens travaillent, recherchent l’animal, et les chasseurs sont postés aux endroits stratégiques. Avec une bonne connaissance du terrain, la distance de tir sera moins importante. Un calibre 20 pourra faire l’affaire, ainsi qu’un semi-auto calibre 12. Évidemment, un superposé calibre 12 fera aussi l’affaire, peut-être avec un canon de 66 cm.

Si vous connaissez bien le terrain, vous vous placerez de façon à limiter les distances de tir. Un chokage ¼ et ½  pourra faire l’affaire sur votre superposé.

2)     Quel type de cartouches pour la chasse aux lièvres

Vous vous demandez quel type de munitions vous devez utiliser ?

Que ce soit en plaine ou au chien courant, vous ferez face au même animal : un gibier très puissant, à l’ossature résistante. Je vous déconseille donc fortement les petits plombs.

Pour stopper un lièvre, je vous recommande du plomb numéro quatre ou cinq. Du gros. Mary Arm Eminence, ou Tunet Migration 36.

Il y a deux avantages principaux :

Pour cuisiner votre lièvre

Il vaut mieux avoir quelques groupes à retirer qu’un nuage de mitraille qui a saccagé la viande. Il y a moins de chance de se casser les dents lors de la dégustation, d’autant plus qu’une quantité non négligeable des grands plombs peuvent ressortir lors de l’impact.

Une puissance d’arrêt plus forte

L’ossature du lièvre est résistante, ce gibier continue à courir longtemps, touché par quelques plombs. Il faut donc que les plombs cassent l’ossature pour le stopper net. Et évidemment du gros plomb sera beaucoup plus efficace que du petit.

3)     Les différents types de chasse aux lièvres

La chasse au chien courant

Cette pratique se retrouve plus dans le sud et l’ouest de la France, que dans les grandes cultures.

C’est une chasse magnifique qui repose sur le travail des chiens et la connaissance du terrain.

Le principe est simple : les chiens vont sentir le gibier, le lever. Le lièvre va essayer d’utiliser sa ruse et sa rapidité pour semer les poursuivants. Puisque l’odorat du chien est très important pour réussir, cette chasse se pratique tôt le matin. Une heure plus favorable pour les chiens.

Le chasseur va se placer de poste en poste, soigneusement étudiés pour tirer l’animal.

Vous comprenez donc pourquoi c’est une chasse d’experts.

Sans une parfaite connaissance des lieux, vous ne pourrez pas à vous placer correctement.

Pour vous aider, sachez que le lièvre est un animal d’habitude. Génération après génération, ils habitent dans les mêmes endroits, et ont l’habitude de se déplacer suivant les mêmes itinéraires.

C’est pour cette raison que les vieux chasseurs au chien courant, qui maîtrisent leur territoire connaissent les bons postes.

En fonction de l’intensité des cris de la meute, les chasseurs se déplacent stratégiquement sur le territoire afin de tirer l’animal.

Le grand moment de cette chasse ? Ce n’est pas le coup de feu, mais ces instants durant lesquels vous voyez les chiens trouver une voie, ratisser la zone, et tenter de déjouer les ruses du lièvre.

Cet animal est malin, il va successivement se cacher, changer de direction, passer d’un terrain à un autre, franchir les sentiers pour semer les chiens.

La chasse en rond

C’est une méthode plus rare qui sera pratiquée uniquement sur de très grandes surfaces, avec un nombre de rabatteurs et de fusils important.

L’idée est simple et redoutable. Les hommes et les chiens vont se répartir en un grand cercle, et vont converger vers le centre.

Les lièvres vont se tapir, mais de nombreux animaux vont quant à eux fuir vers le centre de ce cercle.

Lorsque les fusils sont à une centaine de mètres de ce point, les rabatteurs et les chiens entrent en scène. Ils vont parcourir la zone finale, pour lever le gibier.

Les lièvres se mettent alors à fuir. Les chasseurs doivent être particulièrement prudents et tirer « par derrière ». Puisque cette battue consiste en un cercle convergent, il ne faut pas tirer devant soi, pour ne pas compromettre la sécurité de vos partenaires.

Évidemment, ce genre de chasse ne laisse quasiment aucune chance au gibier, comparé à la chasse au chien courant.

La chasse au lièvre, devant soi

C’est une chasse que l’on peut pratiquer seul ou avec un partenaire, et l’aide d’un chien d’arrêt est la bienvenue.

L’idée est très simple, consiste à explorer soigneusement la zone où le gibier se terre, en progressant en faisant des « S ». Haies, fourrées, grosses mottes de terre, sillons…

Lorsque le lièvre prend la fuite, il est tiré par le chasseur. Évidemment, avec la capacité d’accélération de cet animal, et sa résistance au plomb, une bonne maîtrise des techniques de tir est indispensable pour le tuer net.

La chasse en battue

Cette forme est beaucoup plus courante que la chasse en rond, elle est toutefois très efficace et on la rencontre dans les grandes plaines, là où ce gibier est abondant. Nord de la France, Brie, Beauce, Champagne.

L’idée est de répartir des rabatteurs et des fusils dans un champ, et de le parcourir droit, ou en pivotant.

Il peut être intéressant de laisser un ou deux fusils de l’autre côté pour éventuellement tirer les lièvres qui s’enfuient, et qui seraient hors de portée de la battue.

Là aussi, le chien sera d’une aide précieuse.

4)     Quelle race de chien pour la chasse aux lièvres ?

Si vous chassez au chien courant, l’idéal serait un basset fauve de Bretagne. Doté d’un odorat très fin, ce chien n’a pas peur de s’enfoncer dans les fourrés les plus denses ou les ronces pour débusquer l’animal.

Quelques petits bleus de Gascogne ou des bassets feraient également l’affaire.

L’idéal est de travailler avec des chiens qui s’entendent bien, qui sont résistants et opiniâtres.

Pour la chasse devant soi, le chien d’arrêt est l’idéal. Un pointer, un braque ou un épagneul seront des compagnons précieux. Vous pouvez aussi utiliser un springer anglais, parfait pour explorer les fourrés, et les haies.

Pour les grandes battues, l’incroyable capacité des pointers à ratisser de larges zones en fait sûrement le chien idéal.

5)     À quel moment faut-il commencer votre action de chasse ?

Les battues sont si meurtrières que leur heure assez peu. S’il y a un lièvre sur ce champ, vos chiens sont efficaces, il a peu de chances de ne pas être détecté. Dans le Nord, on ratissait les champs matin et après-midi avec le même succès.

Pour la chasse devant soi, ou pour la chasse au chien courant, le meilleur moment est le matin. Quand la végétation est encore humide, le lièvre s’abrite dans un des talus, dans les chaumes, et c’est à ce moment que les chiens trouveront la piste.

Soyez également très vigilants au vent : le lièvre est un animal méfiant.

6)     Comment tirer un lièvre ?

Si vous chassez au chien courant, votre connaissance de l’animal, de ses habitudes, et du terrain vous permette de choisir position de tir qui vous avantage.

Le lièvre sera peut-être en train de traverser l’espace ou de se rapprocher. Il serait idiot de se positionner pour le tirer en fuyant. Non seulement la distance vous désavantage, mais vous risquez de blesser le chien qui le poursuit. Là encore, le dressage du chien d’arrêt est la clé.

À la chasse devant soi ou en battue, vous avez de grandes chances de tirer un lièvre qui s’éloigne.

Il va se cacher dans un pré ras, pas loin d’une cachette, et de manière se dissimuler en cas de problème. Puis, sentant le danger approcher,  il va s’enfuir avec une accélération brutale.

L’erreur est de croire que vous n’avez pas le temps. Le coup classique consiste à se précipiter, le plus souvent, tirer derrière en explosant une motte de terre, rien de plus.

Au contraire. Laisser le fuir.

Même s’il est rapide, vos plombs sortent de votre fusil à 400 m/s.

Laissez-le partir, de manière à ce que votre cerveau analyse sa trajectoire et sa vitesse.  Cela ne prend qu’une ou deux secondes. Puis épaulez tranquillement, sans quitter l’animal des yeux et tirez en queue-tête-pan, ou mieux en avance maintenue.

(Ces méthodes sont largement détaillées par dans la formation au tir à la gerbe de plomb, que je propose aux abonnés du blog).

Je vous conseille également de viser bas, c’est-à-dire de viser les pattes.

Pourquoi ? Eh bien, le plus souvent le lièvre s’éloigne : vous devez donc plutôt lever le fusil que le baisser. En visant les pattes, vous gardez une vision claire nette et distincte du gibier, et donc des variations de trajectoire. En effet, le gibier est « au-dessus » des canons.

Alors que si vous visez la tête, vous allez vous rendre compte que les canons obstruent votre champ de vision, ce qui rend le tir bien plus aléatoire. Vous avez besoin de voir le gibier que vous voulez toucher, n’est-ce pas ?

De plus, en visant les pattes, c’est bien plus facile de s’adapter à un changement de trajectoire brusque. Là encore, le canon n’obstrue pas votre champ de vision, vous voyez l’animal clairement et distinctement. S’il change de direction, vous n’avez qu’à relever légèrement les canons, et appuyer. Il est donc beaucoup plus facile de gérer les trajectoires complexes avec cette technique de tir.

C’est pour cette raison qu’au ball-trap, lorsqu’on doit tirer un plateau de type Rabbit, c’est-à-dire un disque lancé sur le sol avec des rebonds aléatoires, la technique consiste toujours à aller chercher le bas du plateau, de manière à pouvoir gérer facilement un rebond qui propulse le plateau vers le haut.

C’est à vous de jouer

J’espère que ces conseils sur le tir du lièvre vous ont été utiles et que surtout, vous adapterez vos cartouches en mettant du plomb plus fort.

Avec ces quelques conseils, vous pourrez continuer à avoir un taux de réussite important sur ce gibier.

Étant donné, hélas, que le gibier se raréfie, plus vous maîtrisez les techniques de tir, et plus vous serez un chasseur qui prend du plaisir.

Bonne chance à tous.

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